Ville de Québec
7 septembre 2025
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Presque 1200 km de marche autour d’une grosse île pour visiter 88 temples : voilà mon pèlerinage. Présenté comme ça, c’est à se demander ce que je vais faire là-bas.
Mon prof de japonais disait qu’à Kyoto, si on lançait une pièce en l’air, elle risquait fort de retomber sur un temple. Une exagération, certes, mais avec un fond de vérité: les temples au Japon, c’est comme les églises ici, un point central à tous les quartiers, tous les villages.
Pendant mon pèlerinage, des temples, je vais en croiser beaucoup. Et ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse spécialement.
Le trajet officiel du pèlerinage de Shikoku est conçu autour des 88 temples, mais je les vois surtout comme des étapes, plutôt que comme des attraits. Ce qui m’attire, c’est la marche, l’accomplissement, l’inspiration. La spiritualité aussi, tant personnelle que bouddhiste, mais entendue dans un sens non religieux : la quête de sens, l’introspection, la connexion avec ce qui me dépasse.
1177 km, c’est monstrueux. Mais 88 étapes ? Ça devient gérable. C’est exactement la logique Kaizen : avancer par petits pas pour atteindre un grand objectif sans se sentir dépassé. C'est à la base un concept né en entreprise, mais pouvant aussi s'appliquer au niveau de la croissance personnelle.
J'ai d'ailleurs voulu rendre ces étapes plus personnelles, plus attrayantes et y intégrer un esprit de partage. Alors j’ai pensé au concept représenté sur la page « Me soutenir par vos mots » de mon site. Allez voir si ça vous parle. Vos messages ont le potentiel de faire toute la différence dans ma démarche.
Bref, 88 temples m’attendent. Figurativement. Car en réalité, ils sont encore plus indifférents envers moi que moi envers eux. C’est très bien comme ça.
Ce sont des détours, un chemin plus long, indirect. Mais ce n’est pas en prenant tous les jours le même chemin que l’on se donne l’opportunité de voir du nouveau. Encore moins d’envisager des perspectives différentes. Ces détours, je me les impose en espérant qu’ils me permettront de voir plus clair, même si je sais qu’ils seront parfois faits de douleur, d’incertitude et de découragement.
Je ne me convertirai pas au bouddhisme en chemin, mais je suis prêt à collectionner les estampes offertes à chaque temple, les histoires, les rencontres… et les ampoules. Celles qui, peut-être, s’illumineront au-dessus de ma tête grâce à cette aventure.