Temple 45 - Iwaya-ji
18 octobre 2025
Partiellement ensoleillé 27°C
Le soleil est sur le point de se coucher derrière les montagnes, et il n’est même pas encore 16 h 30.
Devant moi, une bière sans alcool qui témoigne d’un apprentissage récent : même un seul verre le soir se paie cher le lendemain, sur le chemin.
À côté, un petit paquet de craquelins de riz, reçus en osettai lors d’une visite de temple.
Les osettai font partie intégrante du pèlerinage de Shikoku : des gestes spontanés des habitants, destinés à aider ou à encourager les pèlerins.
Parfois, c’est une attention simple : un sac de bonbons offert dans un restaurant, une bouteille d’eau glacée tendue à la sortie d’une épicerie.
D’autres fois, c’est un moment partagé : une femme âgée m’a invité à me reposer chez elle, autour d’une tasse de thé.
Un homme m’a accueilli chez lui, m’a offert un siège près d’un ventilateur lors d’une journée écrasante de chaleur.
Un autre m’a conduit jusqu’au temple 11, après un détour par le supermarché.
Une femme m’a glissé 300 yens, l’équivalent de trois dollars, pour que je m’achète du thé.
Aux temples 41 et 42, des groupes scolaires de première année du secondaire attendaient les pèlerins pour leur offrir des signets avec des mots d’encouragement.
Ces gestes semblent ancrés dans la culture des habitants de Shikoku. Beaucoup savent ce que représente un tel périple, parce qu’ils l’ont fait eux-mêmes, en partie ou en totalité.
C’est ce qui touche le plus dans cette volonté d’aider : elle porte en elle la reconnaissance de l’effort.
Je me sens compris dans mes difficultés, mais aussi encouragé à persévérer.
Je m’attendais à ce que mes craquelins de riz soient salés, mais ils sont sucrés, avec une touche de bienveillance.
La lumière du jour descend tranquillement, en même temps que la bière. Mon corps se détend, les douleurs de la journée s’effacent peu à peu.
Ce qui reste, c’est une sensation d’accomplissement discret. Celui d’un chemin qui, pas après pas, se trace à l’intérieur.