Temple 19 - Tatsue-ji
3 octobre 2025
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« Assurez-vous de ne pas taper votre bâton lorsque vous passez sur un pont. Kōbō Daishi dort peut-être en dessous». C’est ce que disait une affiche à côté du bac où j’ai acheté mon kongōzue, mon bâton de marche.
Une autre affiche, expliquait que ce bâton est la représentation de Kōbō Daishi, fondateur du bouddhisme Shingon, qui marche à nos côtés pendant le pèlerinage de Shikoku. Elle soulignait aussi l’importance de le manier avec respect.
Je n’avais rien de tout ça en tête en l’achetant, c’était purement pratique. D’abord encombrant, il m’a vite rendu de grands services en montagne. Mais je ne sais toujours pas si je le vois comme une aide spirituelle, un simple outil… ou les deux.
Qu’est-ce qui détermine un maniement irrespectueux exactement?
Si je cogne mon bâton en traversant un pont, est-ce Kōbō Daishi qui se dérange lui-même sous mes pieds?
Quand je le coince pour la dixième fois dans une grille d’égout, est-ce un manque de respect ou une maladresse?
Et puis, j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à écraser quelques kakis trop mûrs avec le bout de mon bâton.
En même temps, si Kōbō Daishi a atteint l’illumination, il doit bien savoir, lui aussi, le petit bonheur que ça procure.