Château de Kōchi
10 octobre 2025
Ensoleillé 27°C
J’ai compris assez vite, en commençant ce pèlerinage, que je devais ralentir.
J’étais parti avec un plan précis : une moyenne de 27,5 km par jour, seulement deux journées de repos, et un horaire calculé pour terminer au bout de six semaines. Certaines étapes ne faisaient qu’une quinzaine de kilomètres, d’autres dépassaient les quarante. Sur papier, tout tenait, mais en pratique...
Ce pèlerinage, c’est aussi tout près de 10 000 mètres de dénivelé positif. De grandes chaleurs et un soleil brûlant. Des journées de pluie abondante et des sentiers glissants. Dix kilos sur mon dos et des douleurs qui s’accumulent.
Et surtout, un rythme initial ne laissant aucun espace pour simplement être là, pour regarder, sentir, respirer.
J’ai vite compris que ce n’était pas ce genre de voyage que je voulais faire.
Alors j’ai choisi d’en parcourir une partie, environ un tiers de la distance, en bus ou en train. Ce compromis me permet de m’attarder là où j’en ai envie, sans la pression de la distance.
Depuis mercredi soir et jusqu’à samedi matin, je suis au repos.
Aujourd’hui, je me suis arrêté dans un parc au pied du magnifique château de Kōchi.
C’est l’heure du dîner : les employés des alentours viennent s’y installer, profitant du soleil. Le ciel est bleu, l’air chaud.
Sur la route, ce même soleil devient un défi : il brûle, il use. Les routes de campagne offrent peu d’ombre, et les journées chaudes s’enchaînent.
Je suis impatient que les températures baissent, et reconnaissant de ne pas avoir entrepris ce voyage en été.
Le château de Kōchi, construit au début des années 1600, est l’un des rares au Japon à avoir conservé ses bâtiments d’origine.
Pour moi, aujourd’hui, c’est un rappel que le temps passe, mais qu’il nous appartient de décider comment le vivre.
Et les enfants qui courent dans le parc, insouciants, me rappellent que le meilleur usage du temps est parfois simplement de jouer.